Une Fille Parfaite – Mary Kubica

«Je la suis depuis plusieurs jours. Je sais où elle fait ses courses, où elle travaille. Je ne connais pas la couleur de ses yeux, l’intensité de son regard quand elle a peur. Mais je le saurais bientôt. »
Incapable de dire non au séduisant et énigmatique inconnu qu’elle vient de rencontrer dans un bar, Mia Dennett, jeune héritière d’une des familles les plus en vue de Chicago, accepte de le suivre jusqu’à chez lui. Sans savoir qu’elle a commis une grave erreur. Et qu’après ce soir-là, plus rien, jamais, ne sera plus comme avant.
Avec Une fille parfaite, Mary Kubica mène un récit à trois voix fondé sur une construction incroyablement précise et ingénieuse. Sans jamais le déflorer, l’auteure confère profondeur et intensité au mystère qui entoure le kidnapping de Mia – jusqu’à la révélation finale qui fait voler en éclat les apparences rt donne son ampleur à cette histoire bouleversante. 
Vous n’oublierez pas Une fille parfaite.
Vous n’oublierez pas Mia.❞

Ma version des faits

L’histoire implique Mia, jeune femme de 25 ans passionnée de dessin et fille d’un riche et célèbre homme de barreau de Chicago. Loin d’être à l’image de la fille-modèle qu’il aurait aimé avoir, Mia vit loin de sa famille et n’échange que peu de contact avec eux. Enlevée par un homme chargée de la faire disparaitre en vue d’une demande de rançon, le kidnapping prend une toute autre tournure, lorsque, sans préavis, il décide de lui sauver la vie en ne la livrant pas à son ravisseur.

Mais cette fuite dans une cabane au fond d’une forêt du Minnesota ne va pas se dérouler aussi sereinement qu’il le pensait, et dès lors que l’inspecteur Gabe Hoffmann va être en charge de l’affaire, nombre de mystères vont être levés, au risque de bouleverser plusieurs vies…

Mon avis

Mené à trois voix, le roman au goût de polar prend un rythme soutenu et maintenu au fil des 500 pages grâce à l’alternance des récits. A travers la vision des 3 personnages aux caractères forts distincts, l’histoire et l’affaire sont déclinées d’une manière atypique. Les récits sont largement emprunts des sentiments propres à chaque partie, ce qui a pour conséquence d’immiscer encore plus lecteur dans cet univers étouffant et oppressant. A l’amour d’une mère en proie à la dépression alors que personne ne semble affecté par la disparition de Mia, se succèdent les propos tourmentés, sauvages et haineux d’un ravisseur qui cherche un issue à la situation dans laquelle il se retrouve, et les mots rassurants d’un inspecteur pointilleux et altruiste, qui mène sans relâche une des Enquêtes de sa carrière.

Mais le niveau d’écriture ne se limite pas là, et à cet enchevêtrement de narrations se mêlent des temporalité différentes, qui ne font qu’anccrer plus profondément le lecteur-spectateur dans cette spirale psychologique. Distillant le suspense par touches, les chapitres alternent les phases précédant la disparition, pendant l’enlèvement (marqué par l’intitulé Précédemment) et celles après la résolution de l’enquête (Après).
Et si cette méthode révèle la finalité du travail de Gabe Hoffmann, elle n’affecte cependant aucunement l’intérêt pour l’histoire et son déroulé. Car malgré tous les points de vue, un seul n’apparait jamais : celui de Mia, la principale intéressée. Et lorsqu’enfin elle prend la parole, pour signer l’épilogue de l’ouvrage, c’est à une véritable révélation qu’elle se livre, qui a de quoi clouer sur place les esprits les plus torturés ! A sa lecture, et lorsque l’on prend à rebours toute l’histoire, nombre d’éléments prennent une autre couleur et démontre tout le talent diffusé dans ce premier ouvrage magistral !

En bref…

Les amateurs de retournement de situation n’ont qu’à bien se tenir, car l’efficacité de l’écriture d’Une Fille Parfaite et son intrigue leur feront revoir tous leurs classiques ! Un premier roman incroyablement prenant, qui ne laisse à aucun moment présager du dénouement, et constituerait un très beau film s’il était adapté au cinéma.

KUBICA, Mary,Une fille parfaite, Mosaïc, 2016, 512 pages.

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