Patte de velours, oeil de lynx – Maria Ernestam

Etes-vous sûrs de bien connaitre vos voisins?
Sara et Björn quittent la vie citadine pour s’installer à la campagne dans la maison qu’ils viennent de rénover. Un paradis d’espace et de liberté pour eux comme pour leur chat.
Le couple d’en face, uniques voisins, leur réserve un accueil des plus cordial, Thermos de café et brioches maison. Ils n’ont qu’un seul défaut, leur propre chat, un animal belliqueux qui défend son territoire toute griffe dehors. Tel chat, tel maître ? Les cicatrices du passé et la fragilité des êtres révèlent parfois de bien sombres desseins. Au fond du jardin ou derrière les rideaux tirés, une guerre des nerfs s’engage. Délicieusement cruel.
Un conseil : Ne sortez jamais sans votre sécateur. ❞

Ma version des faits

L’histoire est celle de Sara et Björn, un jeune couple récemment installé dans une vieille bâtisse rénovée par leurs soins. Leur emménagement est à peine terminé lorsqu’ils reçoivent la visite de leurs uniques voisins, venus leur souhaiter la bienvenue à grand renfort de victuailles et autres spiritueux. Bien décidés à nouer un contact amical avec eux, Sara et Björn se montrent conciliants et attentionnés jusque dans les moindres détails pour que la cohabitation se passe pour le mieux.
Mais c’était sans compter sur Alexander, le chat de Lars et Agneta, qui ne voit pas du même oeil l’intrusion de ses nouveaux arrivants, et plus spécifiquement de leur boule de poils. Régnant en Maître possessif sur ses terres, Alexander n’hésite pas à faire sa loi sur les terrains jouxtant le sien, et effrayer par là-même la petite Michka, qui n’ose plus sortir de chez elle…
A travers cette source de discorde inattendue, l’air si calme de la campagne va très vite se transformer en véritable cauchemar pour Sara et Björn, qui découvriront ô combien les relations de voisinage sont fragiles et peuvent ternir l’image lisse d’un quartier paisible.

La page 86

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© Maria Ernestam / Gaïa Editions.

Alors que les tensions apparues depuis quelque semaines entre les deux voisines se renforcent, Sara est victime d’un cambriolage en pleine nuit. Seule dans la maison, ses soupçons se portent instinctivement sur Agneta, dont l’apparence si charmante et mielleuse se révèle progressivement comme n’étant qu’un masque savamment édifié.
Ce passage intervient comme un tournant dans le déroulé du livre. Sara sort tout juste d’une hospitalisation post-traumatique à la suite du cambriolage de sa demeure. Agacée par l’attitude de Björn qui nie les faits et repousse l’idée que ses voisins puissent être coupables, elle va mener une enquête sur l’histoire du quartier et découvrir de sombres révélations sur le passé du village, qui ne seraient pas sans lien avec Agneta…

Mon avis

Attirée par le titre et la relation humains-animaux qui se développait dans le résumé, je me suis laissée prendre au jeu psychologique de cet ouvrage. S’apparentant à une nouvelle de par sa longueur, le texte se compose de phrases courtes qui confèrent une lecture fluide et relaxante. Toutefois, un style très particulier est affirmé au fil des pages : les phrases sont certes courtes, mais surtout froides ! Je n’ai ressenti aucune conviction, aucune émotion dans les tournures, comme si l’écrivain avait posé ses mots en étant totalement détachée des propos et ne cherchait pas à impliquer le lecteur. Au fil des pages, on survole les actions, la vie des deux couples, on voit l’angoisse s’emparer de Sara et on perçoit l’emprise dans laquelle les animaux et sa voisine l’ont enfermée, mais sans être pris à parti ou convié à le partager avec elle. C’est assez déroutant !
Néanmoins, à l’égard du livre Le Voisin, de Tatiana de Rosnay, qui relate également les dérives néfastes du harcèlement de voisinage et témoigne de la même méfiance envers les personnes qui vivent à proximité du narrateur, ce livre ose parler tout haut de cas que tout un chacun peut rencontrer, avec un ton légèrement plus décalé qui rend presque les faits anecdotiques.

En Bref…

Dès lors que vous possédez un compagnon à quatre pattes, cet ouvrage ne pourra vous laisser indifférent et vous révèlera à quel point les traits de caractère d’un animal peuvent être le reflet de la personnalité de son maître (ou l’inverse !).
Un livre court et tout en subtilités, qui vous fera regarder vos voisins sous un autre jour .

ERNESTAM, Maria,Patte de velours, oeil de lynx, Gaïa Editions, 2015, 105 pages.

2 thoughts on “Patte de velours, oeil de lynx – Maria Ernestam

  1. J’ai très envie de le lire mais… je sens que si ça se termine mal pour Michka, je le vivrai mal. (Oui, j’ai réussi à m’attacher à elle dès ta première phrase à son sujet.)

    1. Je te rassure, rien ne se passe mal pour les animaux des deux couples ! Même si un passage est (assez) douloureux à mes yeux quand la légende du village est abordée et qu’un chat y est lié :s .
      En fait, je trouve que c’est assez révélateur d’un fait : le chat ressemble à son maître, et réciproquement. Et la douceur présente dans le couple nouvellement installé est vraiment attachante 🙂

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