Les gens heureux lisent et boivent du café – A. Martin-Lugand

« Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurai voulu être avec eux ».
Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Egarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper….

Ma version des faits

L’histoire est celle de Diane, une femme active mais pas trop, qui tient un café littéraire dans Paris, « Les Gens heureux lisent et boivent du café », et avait tout pour être heureuse. Mais un accident tragique et la perte simultanée de son mari et sa fille lui font perdre sa raison de vivre. Alors qu’elle sombre, depuis 2 ans, dans un puits sans fond empli de désespoir, et malgré l’aide infructueuse de son fidèle et extravagant meilleur ami, elle va tenter de reprendre son existence en main, quitter son quotidien parisien pour aller s’installer dans un cottage en Irlande, le temps de faire définitivement son deuil.

Ce périple soudain va alors agir comme une renaissance, où la personnalité de Diane va ressusciter au fil des rencontres qui s’y dérouleront. Alternant moments de déprime et d’évasion, colère et sentiments délicieux, « beuveries » à l’irlandaise et doses de caféine à vous faire avoir un infarctus rien qu’en lisant ce roman, l’héroïne en verra de toutes les couleurs – et les douleurs- sous la brise marine et la grisaille du bord de mer de Mulranny.

La page (1)86

 

PH&PO-LesGensHeureux-Agnès-MartinLugand © Agnès Martin-Lugand / Editions Michel Lafon.

Le séjour de Diane l’amène à passer les fêtes de fin d’année loin de Paris, au milieu du nouvel univers Irlandais dans lequel elle vacille, et où elle découvre la froideur que certains de ses habitants lui réserve.

A l’image de son voisin de cottage, Edward, neveu bourru et nonchalant des propriétaires du lieu (Jack et Abby), qui va lui faire vivre un véritable enfer…durant un temps du moins!

Cette portion de texte illustre bien les rapports froids et indélicats que les personnes qu’elle côtoie lui renvoient, en fonction de ses humeurs négatives et dépressives, de son accoutumance au repli sur elle-même et dans sa douleur qu’elle croit définitive. Cette page marque, à mon sens, un tournant dans l’histoire de Diane, à partir duquel ses relations vont évoluer et lui redonner la confiance qu’elle a perdu et l’espoir d’une vie possible malgré la tragédie qui l’a touchée.

Mon avis

Le style simpliste, qui peut être reproché à l’auteure, apporte une délicatesse touchante à l’histoire, pourtant porteuse d’un lourd évènement. Sans pour autant tomber dans les niaiseries à l’eau-de-rose, Agnès Martin-Lugand mène son personnage dans différentes situations, à la limite de la caricature parfois, mais qui aboutissent à un dénouement qui vous surprendra à n’en pas douter !

La force de ce roman, pour moi, réside dans l’omniprésence des sentiments, qui vous inondent de page en page au point de vous ancrer dans la peau de l’héroïne, et vous affuble d’une légèreté incroyable. Ses sensations et émotions, sans être citées, laissent toujours planer l’amour inconditionnel qu’elle porte pour son défunt mari et son enfant, bien que ses pensées s’en détachent progressivement.

En Bref…

Rares sont les ouvrages que je lis en quelques heures à peine, mais celui-ci en fait partie. Emprunt d’une légèreté malgré une histoire peu réjouissante, Agnès (ou Diane) nous fait voyager dans une cocon de sentiments et de douceur qui vous donnent envie de crier « Je t’aime » à tous vos proches (!), et vous permettent de vous évader le temps d’un roman. Et n’est-ce pas là le propre des livres ?!?

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

MARTIN-LUGAND, Agnès, Les Gens Heureux lisent et boivent du café, Pocket, 2014, 186 pages.

4 thoughts on “Les gens heureux lisent et boivent du café – A. Martin-Lugand

  1. Je ne l’ai pas lu mais j’en ai un peu entendu parler sans pour autant m’attarder sur le synopsis, le titre m’avait grandement interpellé. Tu me donnes envie de le lire, ce roman semble poignant et sincère.

    1. Je pense que tu le dévoreras bien plus rapidement encore que moi. Et même si la fin est assez surprenante, ce n’est pas le livre du siècle, je te préviens :$
      Je vais pas tarder à prendre la suite qui est sortie il y a peu, d’ailleurs 🙂

  2. Très bonne chronique, très bien écrite et qui résume très bien ce livre! Pour ma part je l’ai lu rapidement également ainsi que la suite  » La vie est facile, ne t’inquiète pas » qui est tout aussi excellente que la première histoire!

    1. Merci beaucoup :$
      Je n’ai pas encore pu lire la suite, ma Pile de livres est toujours plus croissante, mais le temps que j’ai à y consacrer ne croît pas lui 🙁 Je vais voir si je trouve cette suite, comme ça se lit assez vite, je vais la caser entre deux ^^!

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