Julien Doré – LoveTour – Zénith de Paris

Sacré Meilleur artiste masculin quelques semaines avant cette date pour son album LØVE, Julien Doré et ses musiciens ont investi la scène du Zénith de Paris le temps d’une dernière représentation, forte en émotions et en partage(s) avec le public. Souvenirs…

Après un long prélude sur fond de musique classique, une détonation à vous faire trembler retentit dans la noirceur de la salle, annonçant le démarrage d’un concert marathon d’environ 2 heures.

Les musiciens entrent en scène et prennent place derrière leurs instruments, dans un décor sobre, parfaitement ajusté pour les petites salles investies au fil des dates de la tournée, mais qui apparait comme épuré pour un Zénith archi-comble. Les accords mélodieux de Viborg commencent à résonner tandis qu’une épaisse fumée enserre le devant de la scène pour permettre à Julien Doré d’entrer dans son arène… De dos tout d’abord, comme pour saluer ses musiciens, avant d’affronter son public, qui ne cesse de l’acclamer alors que les premières paroles commencent à être déclamées.

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Enchainé rapidement sur un Hôtel Thérèse fidèle à la version de l’album, Julien prend une première fois la parole, présentant la 150ème et dernière date de cette tournée. L’émotion est perceptible dans sa voix, celle d’une fin de tournée mais celle d’une surprise d’être là, ce soir, « présent dans le moment actuel » et entouré par ses musiciens, fidèles depuis ses débuts et qu’il prend plaisir à présenter entre chaque morceau.

La parole laisse place à Habemus Papaye, aussi planant et poétique que sur l’album, mais où les douces voix des Brigitte sont reprises en choeur par le public, auquel s’ensuit de London nous aime.


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C’est non sans un humour taquin que Julien présente ses guitaristes: le premier à sa gauche, Darko (guitare, voix et basse), comme étant « triste d’être présent ce soir, non pas car c’est la dernière date mais parce qu’il rate PSG-Bastia », le second « dont les cheveux ont décidés de ne pas suivre la tournée avec eux », Arman Méliès (guitare). L’humour est de mise, et réchauffe le public un peu mou sur les premiers titres. Mais ce n’était que partie remise, car l’arrivée de Chou-Wasabi et ses monstres de paille a su réveiller la foule et entraîner la salle dans une folle ambiance, qui se poursuit sur Kiss me Forever, où fosse et gradins entrent en communion avec la chorégraphie et les déhanchés de l’artiste : debout, les bras levés se suspendent au rythme de la chanson.

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« Ca c’est Zumba, ça c’est Paris »….

On était chauds mais on se rassoit, pour un intermède bucolique où Julien, resté seul derrière son piano, interprète avec douceur une reprise du groupe Louis Aguilar and the crocodile tears intitulée Memories, un casque-boule à facettes vissé sur la tête, à en faire pâlir les Daft Punk.

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L’enthousiasme du public se ranime instinctivement au son de Panda Roux – Panda Gris durant lequel Julien se prête à la caricature et la parodie de façon irrésistible… Sans même voir les expressions de son visage, il est impossible de ne pas imaginer sa prestation à travers sa gestuelle et ses imitations.

C’est avec cette même touche d’humour qu’il enchaine avec le titre qui l’a fait connaître, Les Limites, à la fin duquel il n’hésite pas à se moquer de lui-même et de ses oublis (signalons tout de même que Monsieur n’a pas de prompteur…!) « Merci de soutenir la chanson à texte » se justifie-t-il….avant de demander au public de participer pour la chanson suivante : « Le refrain est récurrent, on ne peut pas le louper, il n’y a à peu près que ça sur la moitié de la chanson, et quelques paroles autour! ». Et c’est dans un rire général que les premières paroles de Winnipeg commencent à être entonnées par le Zénith tout entier, sous l’énergie d’un Julien accroché à son Ukulélé et installé en bord de scène.

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S’ensuit Paris-Seychelles, au cours duquel il n’hésite pas à quitter la scène pour traverser la fosse et rejoindre l’équipe technique pour clôturer le titre par un jet de paillettes, élevé en héros au-dessus de son public.

De retour sur scène, on sent que la fin du concert est proche, et c’est avec un Heaven, plus électrique que sur l’album, qu’il débute la fin de set-list, poursuivit par la douce mélancolie du titre Les Bords de mer, sur lequel il demande au public d’éclairer la salle de milles lueurs de torches, téléphones, briquets….L’émotion est palpable mais encore retenue pour l’interprétation de Bleu-Canard, dont les riffs acérés en font le plus titre le plus « rock » du concert, et au cours duquel il laissera son énergie prendre le dessus, comme le tonnerre avant l’orage. Le ton se radoucit, avec On attendra l’hiver, et sa pluie de paillettes aussi blanches qu’une couche (bien épaisse) de neige qui se déverse sur la fosse.

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La fin n’a jamais été aussi proche, et c’est avec la voix marquée par sa sincérité et la gorge serrée qu’il entame un (long) discours de préambule d’une des chansons les plus poignantes de l’album. Accompagné par son acolyte Julien Noël au piano, il s’adresse, sans prompteur et quelques fausses notes, à son public :

« Je conclus parfois le spectacle par une citation qui disait « Le véritable amour c’est celui qui dit je t’aime mais je te quitte, il part mais ne cesse jamais de s’agrandir ». Il faut bien que je me rende à l’évidence que je pourrais coudre et découdre une multitude de phrases pour vous remercier ou essayer de vous raconter cette histoire que nous avons vécue avec mes garçons, mais ce serait long, ce serait sans doute pas à la hauteur de ce qu’on a traversé ensemble et du fait que vous, vous ayez traversé par moment cette route et que vous vous soyez arrêtés. Pour quelle raison je n’en sais rien, et je ne veux pas le savoir (…) Je voulais vous remercier de m’avoir accompagné sur ces nombreuses dates, avec mon équipe. Ce spectacle tel qu’on vient de vous le jouer est bien comme ça, la suite c’est à nous de la trouver…Merci de nous avoir tenu compagnie ce soir. »

Et c’est sous les houlas de la salle, que la chanson Corbeau Blanc résonne dans le Zenith, comme un au-revoir si joliment écrit en son texte « Ca y est ce soir, je vous quitte…. »

L’ovation qui s’en est suivit fut aussi touchante et bouleversante que les paroles de la chanson le sont. Les musiciens quittent leurs places respectives pour rejoindre le devant de la scène et saluer tour à tour le public, longuement, avant de rejoindre les coulisses.

La salle est en émoi, acclame pour un rappel, rapidement accordé par Julien et ses acolytes, qui reprennent leurs instruments pour une version de Mon Apache allongée que quelques samples et violoncelle du plus bel effet jusqu’à la dernière note. Cette fois c’est bien la fin, même si on sent que personne ne veut quitter la scène ni le public la salle. Les acclamations se prolongent, et comme coupé dans son élan alors qu’il se dirigeait vers la sortie, Julien Doré revient, s’arrête et observe la foule avant de s’installer derrière son piano. Remerciant une nouvelle fois le public d’une voix hésitante et avec une sincérité non dissimulée, il avoue « avoir du mal à chanter sur les accords de la chanson qu’il va jouer », et demande au public de ne pas applaudir, juste reprendre les « Oh-oh-oh! » en choeur, de façon à « ne garder en mémoire que [nos] voix ». Touchant et sincère… C’est en respect pour sa demande que le public s’affaire à reprendre les choeurs de Chou Wasabi, pendant que les deux monstres de paille viennent s’enlacer au-devant de la scène. Un concert comme celui-ci ne pouvait se clôturer sans une touche d’humour !

La douceur et l’émotion planent encore un peu sur cette salle du Zénith émue, le temps d’un second Paris-Seychelles, où les musiciens reviendront accompagner Julien pour terminer le morceau avec énergie.

Avancés sur le devant de la scène, chacun remercie une nouvelle fois, à tour de rôle, le public et Julien, en dernier, embrassant la salle d’un dernier regard comme pour mémoriser ces instants dans leur intégralité, prononce quelques mots avant de quitter définitivement la scène.

En bref…

Recelant d’un talent incroyable durant les 2 heures de show, Julien Doré impressionne par sa maîtrise au doigt et à l’oeil de la scène, qu’il parcourt de long en large tel un lion enfin lâché dans son aire de jeux, et qui semble définitivement être l’endroit de liberté où il s’exprime le mieux : humour, sauts, pas de danse….Il déborde d’une énergie communicative qu’il partage avec les spectateurs, qui en redemandent volontiers, accrochés à ses sourires et chacune de ses émotions.

Ce soir, il a su transformer la grandeur du Zénith de Paris en un vrai temple de poésie, et communier avec le public pour l’embarquer dans un univers tout à son image, où se mêlent sincérité, émotions, partage et inévitablement,Amour… #LØVE

Ma place au dernier rang a eu raison de la qualité des photos, je m’en excuse d’avance !

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