Irma la Douce – Théâtre de la Porte Saint-Martin

Adapté par Nicolas Briançon de la célèbre comédie musicale d’Alexandre Breffort de 1956, Irma la Douce retrace, en 2 actes, la romance entre Irma, une fille de joie s’évertuant dans le quartier de Pigalle, et Nestor, dit le Fripé, titi parisien et petit truand de son état.

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De leur rencontre au « Bar des Inquiets » à la garçonnière de Nestor dans les combles d’un immeuble, les deux tourtereaux vont traverser les aléas d’une passion dévorante, rongée petit à petit par la jalousie maladive de Nestor, qui supporte difficilement les nuits torrides de sa belle. Afin d’y remédier, ils conviennent tous deux d’un accord : un seul galant occupera les soirées d’Irma, quel qu’en soit le prix. Mais cet engagement aura une incidence toute autre…

PH&PO-IrmaLaDouce-2 © Victor Pascal, photo empruntée sur la page Facebook du Théâtre.

Persuadé du bien fondé de son acte, Nestor va se grimer en un richissime Lord afin de monopoliser les faveurs de sa douce. Ce qui va le conduire tout droit dans une nouvelle tourmente, plus vicieuse encore et perverse : son dédoublement de personnalité va progressivement l’étouffer et le rendre plus jaloux encore….de lui-même. Le futur de leur couple va alors être soumis à rude épreuves…

PH&PO-IrmaLaDouce-4 © Victor Pascal, photo empruntée sur la page Facebook du Théâtre.

En véritable plongée au coeur des années 50 dans les faubourgs parisiens, cette comédie musicale vous emmène dans l’univers sombre des bars et hôtels de passes. A un rythme entrainant et sans réelle pause (hors mis l’entracte), l’histoire est contée par Nicole Croisille, incarnant une tenancière hors paire ! Usant de sa gouaille et clope au bec, elle investit autant la scène que l’auditoire en assurant des interactions ponctuelles teintées d’humour avec le public.

PH&PO-IrmaLaDouce-3 © Victor Pascal, photo empruntée sur la page Facebook du Théâtre.

Cet humour se retrouve tout au long du second acte de la pièce, par touches ponctuelles à base de répliques ou anecdotes contemporaines subtilement disséminées. Mais cette partie du spectacle laisse surtout place à la révélation des talents présents parmi les 15 personnes du casting, à l’image de Marie-Julie Baup, qui incarne avec talent et douceur la belle Irma, d’Andy Cocq, tour à tour fille de joie ou pénitencier efféminé, ou Philippe vieux, dans le rôle d’un président de tribunal totalement déjanté et hilarant à souhait !

Une véritable symbiose s’est créée entre les comédiens, totalement perceptible et communicative, et ils n’hésitent pas à en jouer – les « Private joke » doivent aller bon train, cela se ressent ! -, ce qui n’est pas pour déplaire. En tant que spectateur, on est immédiatement happé avec eux, à travers les chansons entraînantes et leurs refrains entêtants. A cet effet, la vraie révélation de cette adaptation revient à Lórant Deutsch, qui se démarque dans un rôle principal où ses talents d’acteur et comédien sont affublés d’une nouvelle casquette : le chant. Certes sa voix n’est pas parfaite et peut paraitre mal assurée (rappelons qu’il s’agissait de la première représentation), et les fausses notes peuvent être perçues par les oreilles aiguisées des plus mélomanes présents dans la salle. Mais les émotions qu’il transporte dans son jeu suffisent à faire oublier les petites imperfections de sa tessiture. Comme il le soulignait lui-même à BFM TV* il y a quelques jours : « On peut chanter faux mais la vérité n’est pas dans la note juste mais dans ce que l’on sort ». Ce qui fera taire toutes les offenses mesquines de ses détracteurs !

En bref…

Entre Vaudeville et polar, cette comédie musicale mêlant chansons « live », danse et texte, offre un vrai moment de ravissement et vous plonge dans une bonne humeur générale. Accentuée par l’énergie et l’entente entre les comédiens, c’est sans attente que toute l’équipe salue en fin de spectacle – aussi bien les musiciens que les techniciens – , sous une standing ovation de plusieurs minutes de la part d’un public enthousiaste.
Le seul bémol que je relèverai tient du son, parfois trop puissant pour que l’on comprenne bien les paroles des comédiens. Mais la présence d’un doublage en anglais, sous forme de sous-titrages (tout en raccourcis dans le texte !), aide les plus polyglottes à s’y retrouver, et c’est un vrai plus !

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*Vous pouvez retrouver le reportage ici
Irma la Douce se joue du mardi au vendredi à 20h, et les samedis à 17h et 20h45 au Théatre de la Porte Saint-Martin (10ème). Pour plus d’informations et réservations, n’hésitez pas à consulter leur site.

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